Catégories
Uncategorized

Télétravail: entre réconciliation et isolement



L'expérience des télécommunications n'est pas la même pour tout le monde.


© / Getty Images
L’expérience des télécommunications n’est pas la même pour tout le monde.

En quelques jours, Mathieu McCaie avait déménagé sa petite équipe de courtiers en hypothèques du bureau de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, dans quatre bureaux satellites: un pour chaque employé.

Les associés se sont rapidement équipés d’un VPN et ont téléchargé des fichiers pour répondre aux clients de chez eux.

« Tout était parfait. Le Wi-Fi fonctionnait bien, j’avais mon propre bureau« , Dit Audrey Vaughan, partenaire hypothécaire d’un groupe hypothécaire expert. Les télécommunications étaient si pratiques qu’elle a décidé de s’installer chez elle pendant longtemps.

« C’est mieux pour ma raison« , Il croit.



Audrey Vaughan, partenaire hypothécaire pour Expert Mortgage Group.


© / Radio Canada
Audrey Vaughan, associée hypothécaire experte pour Expert Mortgage Group.

Le propriétaire de l’entreprise, Mathieu McCaie, a trouvé la transition plus difficile. Avec deux jeunes garçons de 3 et 6 ans exigeant son attention en tout temps, travailler à la maison était un casse-tête. « Chance que mon mari soit làIl a dit.

Après quelques semaines de télécommunications, M. McCaie a décidé de retourner au bureau. « Je n’avais plus de problèmes de travail.« 



Mathieu McCaie, courtier et propriétaire du Groupe hypothécaire expert, à Dieppe, Nouveau-Brunswick.


© / Radio Canada
Mathieu McCaie, courtier et propriétaire du Groupe hypothécaire expert, à Dieppe, Nouveau-Brunswick.

Entrepreneuriat

Les salariés sont loin d’être égaux en télétravail, affirme Louis Durand, professeur de relations industrielles. Tout le monde ne dispose pas d’un espace de travail confortable ou d’une connexion Internet efficace.

Certains doivent partager leur espace de vie avec plusieurs colocataires, tandis que d’autres doivent prendre soin de leurs proches.



Louis Durand, professeur de relations industrielles à l'Université Laurentienne (archives).


© Pierre-Mathieu Tremblay / Radio Canada
Louis Durand, professeur de relations industrielles à l’Université Laurentienne (archives).

« Sans compter que toute la notion de solidarité entre travailleurs est affaiblie», Explique un professeur de l’Université Laurentienne.

« Et qu’en est-il de l’entrepreneuriat?« il demande. »Comment développer un sentiment d’appartenance à l’entreprise lorsque tout le monde est séparé?« 

Les télécommunications à court terme peuvent être une bonne option, note le professeur. Il permet un équilibre entre le travail et la famille, évite les longs et coûteux trajets pour se rendre au travail et offre la flexibilité que beaucoup demandent depuis des années.

Mais les employés devraient s’inquiéter si cette façon de travailler se poursuit après une pandémie. « Ne pas entrer en contact avec d’autres employés réduit nécessairement l’équilibre entre l’employé et l’employeur»Explique Louis Durand, qui compare cette division et cette individualisation du travail à des business models comme Uber.

Une transformation qui inquiète les syndicats

« Imaginez frapper quand tout le monde est à la maisonDit le porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) Simon Ouellette. « Qu’allons nous faire? Avez-vous éteint nos ordinateurs?« 

Tous ceux qui travaillent à domicile séparent les employés, estime le syndicaliste. Et c’est difficile à organiser pendant une pandémie. Au Nouveau-Brunswick, la loi exige la signature d’une carte et le dépôt d’argent.

Les représentants de l’Union s’inquiètent également des risques d’abus et d’intimidation qui surviennent dans un environnement de travail décentralisé. « Cela peut se faire beaucoup plus discrètement« , Il ajoute.



Simon Ouellette, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique, 2019.


© Rose St-Pierre / Radio Canada
Simon Ouellette, porte-parole de l’Union canadienne des fonctionnaires, 2019.

Pour les personnes en situation de pauvreté et les nouveaux arrivants, l’expérience est loin d’être utile, explique Simon Ouellette. Un espace de travail partagé, avec les mêmes outils, a un effet « égaliseurPour ces travailleurs, explique-t-il.

« Maintenant, ils devront peut-être payer de leur poche un bureau ou une meilleure connexion Internet.», Considère le syndicaliste.

Bien que le gouvernement puisse offrir des prêts à ces travailleurs, « cela devient une subvention entrepreneuriale secrète», Précise Simon Ouellette. Les frais jusque-là entièrement pris en compte par l’employeur dans ce cas seraient à la charge des deniers publics.

Pour un expert hypothécaire du Nouveau-Brunswick, nous tirerons quelques leçons de cette expérience de télétravail forcé. Dorénavant, tous les nouveaux employés auront la possibilité de travailler à domicile ou au bureau. « Nous serons flexiblesExplique le propriétaire. « Nous avons vu que ce n’était pas fait pour tout le monde.«