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Identité numérique: les députés demandent à l’État d’accélérer


Publié le 8 juil.2020 à 18:37Mis à jour le 8 juil.2020 à 19h17

En Allemagne, il est possible de s’authentifier sur un site Internet avec une identité officielle depuis dix ans. Quinze autres États du monde entier offrent ce service à leurs citoyens. Mais en France, le travail traîne depuis des années.

Saisis d’une mission d’enquête au lendemain de la controverse suscitée par l’application Alicem – une application mobile d’identification officielle, dont la version test est basée en partie sur un système de reconnaissance faciale -, trois députés ont rendu public mercredi leur rapport qui recommande d’accélérer. Et, pour l’Etat, tirer les leçons du «bad buzz» en se forçant à toujours proposer une alternative à la reconnaissance faciale dans ses projets d’identité numérique.

« Un certain retard »

Attendu depuis longtemps par les milieux économiques, le déploiement de la carte d’identité électronique et de son homologue numérique doit débuter en août 2021. Mais le rapport parlementaire appelle l’Etat à réparer « Objectifs ambitieux » déploiement de la carte d’identité électronique, « A quatre ou cinq ans, plutôt que dix ans ».

Le projet vise à faciliter la vie des internautes français, mais aussi tout en sécurisant leur navigation en ligne. Il s’agit également de dynamiser le marché de l’identité numérique qui vise des groupes français comme Idemia, Gemalto / Thales, Docaposte, IN Groupe ou Atos, mais aussi des PME comme Ariadnext ou Ubble.

« La France est définitivement en retard dans le domaine de l’identité numérique, il faut la combler », souligne la députée Christine Hennion, corapporteuse avec son homologue Jean-Michel Mis de ce document de 120 pages. Pour aller vite, ils recommandent à la présidente de mission Marietta Karamanli de capitaliser sur FranceConnect, déjà adopté par plus de 10 millions de Français, tout en laissant les groupes privés se replier pour créer des services supplémentaires.

200 000 vols d’identité par an

L’idée est d’accompagner les entreprises tricolores spécialisées dans la confiance numérique. De renommée mondiale, ils peinent à se développer sur leur marché local en raison du retard français. Ils disent que leurs clients s’impatientent.

Pour les banques, les opérateurs de télécommunications et les sites de paris en ligne, donner aux citoyens la possibilité de s’identifier en ligne avec le cachet de l’État leur épargnerait le coût de la vérification de l’identité de l’internaute, tandis que le vol d’identité touche 200000 Français chaque année. Les sites de commerce électronique pourraient également s’appuyer sur un tel système pour simplifier l’étape de création d’un compte en ligne.

Flou du modèle économique

Mais il y a toujours un frein. Et c’est significatif: le gouvernement n’a toujours pas tranché la question du modèle économique de l’identité numérique en français. Pour faciliter l’adoption du système par les Français, il est certain que ces derniers ne paieront pas ce service.

Les députés proposent que les éditeurs de sites Internet, publics ou privés, sur lesquels les Français s’authentifieront, paient FranceConnect ou les plateformes riches en services complémentaires que l’industrie numérique française pourrait développer.

Mais les dernières rumeurs à Matignon menacent toujours de voir l’Etat proposer une interface gratuite avec l’état civil via FranceConnect. Au risque de décourager les investissements des acteurs privés qui y voient une distorsion de concurrence. Regroupés au sein de l’Alliance pour la confiance numérique, ils demandent une clarification rapide des règles du jeu.



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