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Google lance Keen, une application sociale hybride à mi-chemin entre Pinterest et Instagram


Google n’a pas dit son dernier mot sur les réseaux sociaux. Malgré l’échec amer de Google+, le géant américain lance un nouveau produit appelé Keen. Annoncé sur le blog de la société le 18 juin dernier, ce réseau de partage et de découverte de contenu évoque l’autre réseau vedette de ce domaine, Pinterest.

Conçue par Area 120 – que Google décrit comme un ensemble de petites équipes testant discrètement des projets innovants – et le laboratoire PAIR (People AI Research), Keen est une application qui permet aux utilisateurs de partager leurs intérêts. Jusqu’à présent, rien de très original.

Aucune interaction avec des utilisateurs inconnus

Concrètement, l’utilisateur commence par lier l’application à son compte Gmail. Le moteur de recherche suggère immédiatement des mots clés, mais l’utilisateur peut définir lui-même un intérêt, et Google peut alors suggérer d’affiner la recherche. Par exemple, pour le mot-clé « mariage », qui prend la forme d’un dossier, comme une table sur Pinterest, Keen suggère « Robe de mariée ». L’outil vous permet de sélectionner du contenu, de l’enregistrer (via une icône en losange au lieu d’une épingle) ou de le supprimer. L’utilisateur peut également créer des centres d’intérêt par la phrase: « Créer un potager d’intérieur », par exemple.


Là où Pinterest propose de découvrir du contenu inspirant, Keen propose de partager ce même contenu avec des proches ou une communauté définie d’utilisateurs, ou même de le rendre public. En d’autres termes, Keen est un mélange de Pinterest et Facebook. Autre similitude avec les deux réseaux sociaux, le contenu pertinent agrège en temps réel et avertit l’utilisateur lors de la visualisation de certaines pages.

Le contenu enregistré peut ensuite être organisé et partagé publiquement, visualisé uniquement par une ou plusieurs personnes, ou simplement par l’utilisateur. A noter que les interactions avec des utilisateurs inconnus sont extrêmement limitées, avec l’impossibilité par exemple de commenter ou d’avoir des informations sur d’autres personnes, ce qui permet au passage d’éviter certains problèmes de modération pour Google.

Google Keen vise à fournir un contenu basé sur ces intérêts. L’outil est basé sur des techniques d’apprentissage automatique qui sélectionnent les pages les plus pertinentes et les font apparaître. Keen est lié au compte Gmail de l’utilisateur lors de sa première utilisation, ce qui devrait permettre à Google de combiner les données de la navigation passée et donc de filtrer davantage le contenu pour améliorer sa pertinence.

Moins de contenu (mais mieux)

D’où vient ce contenu? Médias, blogs, mais aussi magasins, marques et professionnels qui souhaitent se faire connaître auprès des internautes. Ce que Google propose avec Keen, c’est finalement ce que les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook et Pinterest offrent à leurs utilisateurs: découvrez des produits que vous pouvez acheter. Keen peut donc être considéré comme un nouveau canal pour toucher davantage de consommateurs. Pour en savoir plus sur un produit, l’utilisateur navigue dans une application web progressive (PWA) sans quitter Keen. L’une des premières suggestions en tapant le mot-clé « Paris » est la page Disneyland Paris, qui renvoie au site officiel du parc d’attractions, qui propose l’achat de billets en ligne.

Keen semble donc avoir combiné l’expertise de Google en matière de données utilisateur avec la tendance actuelle et durable d’utiliser les médias sociaux comme levier marketing. L’application semble néanmoins prendre le parti « au moins mais mieux », le contenu évoqué étant moins important que sur des applications comme Pinterest. Le design, très simple et aéré, est beaucoup plus proche d’un Instagram, agrémenté de GiFs. L’ajout de fonctionnalités sera un sujet à suivre: face au virage pris par les sites de référence en matière d’e-commerce, Google ne veut certainement pas laisser sa part à ses concurrents. Reste à convaincre les utilisateurs.

Aude Chardenon

@ChardenonA





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